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#1 2013-07-14 16:28:53

Shelly Hearse
Nouvel Arrivant
Date d'inscription: 2012-08-30
Messages: 32

Lettre a un magicien...

Ce texte a été écrit en 2011 (ou, selon moi, l'année "chant du cygne" pour ma prose. Même si j'écris encore beaucoup aujourd'hui,  j'ai l'impression que mon écriture  fout le camp (répétitions a tire larigots, syntaxe approximatives, etc....). Mais  je continue tout de même: mes personnages souhaitant prendre vie...) et  ce n'est pas réellement une nouvelle, mais plutôt une lettre dédié a l'un des hommes que j'admirais le plus a cette époque.  Ne vous attendez pas a du vrai fantastique, juste a une "autobiographie" express d'une petite demoiselle de 19ans (du moins, a l'époque!) qui n'avait pas les pieds sur terre et rongée par un mal curieux.
Il vous expliquera aussi sans doute pourquoi l'imaginaire me plait autant....:


Cher Mathias,

Par où commencer cette lettre?
Tout d'abord, comme vous vous y attendez, je suis fan de vous, je vais vous dire que je vous aime, que je vous admire, etc.....
Mais attention! Ne vous attendez pas a des jérémiades, a des ragots et des choses comme ça, ce n'est pas mon style!

Commençons par le commencement:

Je m'appelle Delphine *****. Si! Si! Delphine! Un prénom peut-être jolie, mais banale et triste a pleuré. De plus, quand on a un prénom comme ça, on ne s'attend pas a une vie passionnante ou fantasmagorique:
Si je m'appelais Alice Liddell, par exemple, j'aurais pu vous parler du mécanisme d'une montre de lapin, du thé  goût pudding du Chapelier Fou, des braillements d'un bébé qui se transforme en cochon ou de la recette  d'une tarte façon Reine de Coeur. Ou encore, si je m'appelais Mercredi Addams, je vous aurais sans doute raconter la délectation d'un décapitage de poupée a l'ancienne, des phrases bien cinglantes a lancer a torts et a travers, de ma collection de cafards dans des bocaux de  formols et des milles et unes façon de tuer le dernier né.

Hélas, trois fois hélas, je m'appelle Delphine et ma vie ne se résume qu'a huit choses: les ronronnements de mon chat, les robes a froufrous, les films de Tim Burton, les opérations aux pied gauche (chose assez difficile a expliquer et a présent, celui ci a des airs de pied de zombie), les collections biscornues (a base de pseudo potions magiques et engrenages mécaniques (quelques part  entre le laboratoire de l'apprentie sorcière et de l'inventeur fou), les muffins au chocolats, ces fées que je qualifie d'amies et qui porte toutes un prénom en A (Clara, Victoria et Olivia (oui, oui, comme votre femme!)  et les livres.

Ces derniers y ont une place  fort importante et d'honneur, car j'adore lire depuis toute petite! …. Non, lire est un bien petit mot: je les dévorais, je les croquais, je les engloutissais.... au sens figurer bien sûr! Certains étaient plutôt indigestes lorsqu'ils parlaient de choses durs et effrayantes crûment  et sans poésies ou qu'on nous obligeaient a  les lires pour l'école  (j'ai toujours eu horreur de lire un conte de fée pour en rédiger ensuite une analyse!). En revanche, ceux qui parlaient de mondes imaginaires  farfelues, d'histoires d'amours/ d'amitié d'outres tombes (avec de préférence une bonne dose d'humour pour ne pas sombrer dans le glauque totale (mais pas guimauves pour autant), des aventures d'un être différent (généralement au handicap  hors du commun (Merci Edward!) rejeté de tous (a part de quelques rares personnes) qui se cherche une identité, je les avalais en trois temps, trois mouvements : les premiers avaient un goût de barbes a papa sucrée qui  cotonnais le cerveau de rêves, les second étaient aussi sombres et doux amer que de la réglisse. Quand a la troisième catégorie, elle laissait tout simplement un goût de larmes sur la langue.

(Vous n'avez jamais goûter de larme? Eh bien, c'est quelque chose  de très doux et pourtant empreint d'une certaine mélancolie (le genre qui étreint le cœur jusqu'à l'éclater), de sorte que vous ne pouvez résister a l'envie de pleurer aussi (je ne bois pas de larmes, mais j'ai connu, dans ma petite enfance, une jeune fille qui se nourrissait uniquement de ça: elle  se penchais sur les  gens ou les enfants qui pleuraient sans bruit, puis avalais leur larmes avec sa longue langue aussi râpeuse que celle d'un chat. )

Vos livres fessaient partie des trois a la fois. Je ne savais pas dans quelles catégories les placé,  car en les lisant, j'y décelais tantôt de la barbe a papa cotonneuse (peut être trop (dans cette catégorie, vous êtes exequo avec « Alice au pays des Merveilles » (je sais que se partager la vedette avec Carroll fait gonfler les chevilles, mais ne vous arrêtez pas là dans votre lecture, je vous prie), tantôt de la réglisse (là, vous raflez la première place aux  livres fantastiques d'Eva Ibbosson ( si vous ne connaissais pas cette auteur anglaise, je vous conseille « Bienvenue a Griffstone » qui est mon favori d'entre tous (même si c'est pour les enfants), parfois (et surtout) des grosses larmes (vous êtes a la première place rapidos, puisque que je n'avais pas eu d'aussi gros coup de cœur dans ce domaine là).

Bref, autant vous dire que, lorsque je vous ait découvert, mon cerveau était en ébullition. 
J'aime votre groupe aussi, cela va de soi. J'adore surtout « Monster in Love » : la moitié des chansons de cet album me font rêver et me prouve que vous êtes un grand romantique (en particulier  « Miss Acacia » dont le refrain est ancré dans ma mémoire)  : j'aurais bien envie d'un homme me dise que « j'ai la poitrine goûts vanille » plutôt que toutes les tentatives de dragues de nos jours que je trouve tout simplement... pitoyable (enfin, quand je dis ça, je parle des garçons qui s'y croient trop et qui aborde les filles en commençant immédiatement par parler du dessous de la ceinture avec des sous entendus graveleux et pas super recherché). Vous avez une voix très envoûtante et  rien  qu'a cause de ça,  je pense que vous aurez dû être un jackalope dans une autre vie. (vous savez, ces lièvres a cornes de cerfs insaisissables (dans les légendes américaines, on raconte que les chants des veillées de cow-boys étaient souvent repris par ces petites créatures qui avaient une voix hypnotique et qui imitait les humains a la perfection.)

Vous devez aussi vous demandez ce que je fais quand je ne lis pas?
Ba, j'invente des histoires, qui parlent un peu de tout et n'importe quoi. Dans mes roman(ce)s, entres autres, vous croiserez:

- un vendeur de fantômes toujours de noir vêtu au  sourire de requin assez inquiétant  qui triballe sa « cage a ectoplasmes »  a travers les rues sombres d'un Londres oublié. Comme d'habitude, il est  a la recherche d'un acheteur (qu'il ne trouve pas) et se nourrie de sangsues grillés.

- une princesse blanche qui a fuit son royaume pour rapporter un élixir a son peuple, qui a été touché par un étrange sommeil destructeur.  La potion se compose des premiers flocons de neiges de décembre et de rêves d'enfants.

une famille de cannibales dans les années 50 américaines. Une mère qui tue les voisines avec une tasse de thé fatale, un père qui raffole de Nancy Dream (présentatrice T.V stupide)  pour ses cuisses appétissantes, une fille qui ne jure que par le paranormale et l'occulte et qui appelle ses camarades « cloportes visqueux » et un fils tueur de chihuahua, bichons et autres caniches.

Mademoiselle Mortelle, une chanteuse de cabaret décédée qui continue de faire chavirer les cœurs : elle s'infiltre tout simplement dans les appartements des hommes célibataires pour leur faire un strip tease  et leur voler leur âme grâce a un baiser empoissonné. Ainsi, elle a sa cour, même au Royaume des Morts.

-  Mademoiselle Oiselle, la lointaine cousine de Mademoiselle Mortelle. Son truc a elle, c'est de jouer a la funambule sur les fils électriques  de Paris en chantant du  Edith Piaf a tout va. Elle rêve secrètement de devenir danseuse dans un cabaret et de rencontrer l'amour en la présence d'un fou.

- une poupée mécanique qui fût  crée par un inventeur afin qu'elle fasse comprendre aux hommes leurs méfaits. Mais la demoiselle préfère mille fois le violon et les étoiles a la brutalité humaine (en même temps, ça se comprend).


Etc.....

Mais malheureusement, ces histoires ne vivent pour l'instant que dans ma tête: il fut un temps ou j'écrivais énormément : depuis toute petite, j'ai été possédée par ce démon. (a l'époque, c'était surtout  des histoires d'animaux, certes mignonnes, mais  un peu trop gnangnan. ) Étrangement, « Écriture » était un démon bien sympathique  et je n'avais aucune envie  qu'on l'exorcise. Ce fût mon collège, puis ma première année de lycée qui le fit partir  (pour de bon? Je ne l'espère pas!) . Pourquoi?    (oui, quand on y pense, c'est une bonne question. C'est même la question que je me  pose tout le temps.)

Parce que..... hem....
D'abord qu'est ce qui m'assure que vous êtes une oreille attentive?  Et  vous êtes pas du genre a raconter des ragots a gauche et a droite? (je sais, vous êtes un homme, mais ça doit bien exister les « Messieurs Potins », non?)


Vous.... vous êtes sûr? Je  peux vous  faire confiance? Dans ce cas, je vais vous raconter une infime partie de ma vie :

Depuis ma naissance, je suis atteinte d'un mal mystérieux. Enfin, pas si mystérieux que ça, des médecins lui ont trouvé un nom :« dyspraxie », mais sa formation reste encore obscure.
Une chose est sûre, ce handicap n'est pas mortelle, ni ultra tragique. Le seul soucis, c'est que je ne peux pas écrire a la main. Je suis obligée de me servir de l'ordinateur. Vous allez me dire « mais l'ordinateur, c'est génial! Je vois pas pourquoi tu te plains! ». Pourtant, ma seule volonté, c'est d'écrire sur du bon vieux papier, écouter le crissement du crayon, gribouiller des p'tits mots d'amitié a deux francs, six sous a mes camarades de classe (bien que j'en ai très peu, soits),  pouvoir sentir la douce odeur du papier neuf... le genre de choses que vous devez ressentir lorsque vous écrivez. Parce que, sincèrement, les touches rugueuses du clavier commencent a m'exaspérer!

A une époque, j'avais aussi un problème au pieds: ils dérapaient souvent et je collectionnais les opérations : une a 9 ans, un a 14 ans, et une a 16ans. Lors de celle de mes 16 ans, je rappelle que dans  ma chambre d'hôpital fermée a clé, je lisais « la mécanique du cœur » en pleurnichant. Jack me rappelais moi a ces heures là: je n'avais pas d'horloge a la place du cœur, mais des gros trucs en métal qui me sortaient des orteils (j'essayais de m'en réjouir en me  disant « ah, je suis « Edward aux Pieds d'Argent »! A moi, les belles topiaires en forme de danseuse étoile! ». Mais, au bout d'un moment, j'étais désespérée). 
(et je comprend parfaitement ce pauvre Tom Cloudman: ma chambre était des  plus banales et des plus chiantes. Les infirmières passaient leur temps a causer de leur gamins et du nouveau film dans lequel jouait George Clooney : c'est bien simple, c'était des perruches a forme humaines, voilà tout. (de plus, mon docteur  n'avait rien de sexy ( bon a savoir: ma vision du mignon masculin s'arrête a Victor Van Dort (maigrichon, pâlot, yeux cernés, maladroit, bégailent souvent et pourtant, parfait gentlemen (avec les femmes mortes comme les vivantes), il ressemblait davantage a un cochon  a la grosse bedaine qu'a un médecin. Entre nous, il m'arrivait de le surnommer « Docteur Porc ». )

Mon handicap est si sombre et  ne pouvant guère comprendre les mots savants qui l'entourait, je décida de faire comme un autre Edward que Burton a mis dans sa filmographie: Edward Bloom.
J'embellissais les choses, je disais que j'avais un fantôme dans le cœur qui me fessait souffrir quand il mugissait trop fort. Je m'inventais une vie rêver qui se déroulais dans mes rêves: je tombais dans un quartier inconnu d'une grande ville  la nuit et je rencontrais plein de personnages étranges: il y' avait Amy la pinup vampire qui fessait ses show dans un bar pour monstres au fin fond d'une ruelle victorienne de Londres ou on trouvais aussi des boutiques magiques tenus par de veilles sorcières, Edgar, un pigeon qui parlais et qui était S.T.F (Sans Toits Fixes) a Moscou,  Socrate, un type maigrichon qui dessinais des nuages sur les murs dans une banlieue de New York  en prétextant qu'il « ne pleuvait pas assez ici »,  Imothep, un chat sphinx momifié  qui se plaignait sans cesse du nouveau Caire où personne ne l'adulait comme avant,.....

Cependant, il y avait un endroit  imaginaire que j'adorais plus que tout: la bibliothèque magique.
J'y accédais en tombant brusquement dans une forêt enneigée, puis, soudainement,  je découvre un escalier fait de livres: il me suffisait de poser mon pied gauche sur la première marche (« Les Quatre Filles du Docteur Martch »), puis mon pied droit sur la deuxième (« Blanche Neige ») et ainsi de suite. Après la dernière marche (« le magicien d'Oz »), un spectacle inouïe s'offrit a mes yeux émerveillés: une grande bâtisse peinte en noir et  blanc  qui flottait dans l'air, comme si c'était la chose la plus normal du monde. A  l'intérieur, on trouvait des étagères qui épousaient la forme d'un labyrinthe.
Sans réfléchir, je l'emprunte et je m'y perds.

Une fois a l'intérieur, le décor se fit de plus en plus bizarre: le mur du labyrinthe  était recouvert de tapisserie  victorienne et de lierre. La seule source de lumière venait de pieuvres aux tentacules-lampions installées a chaque tournant.   De chaque coté des parois, quelques arbres tordus qui servaient d'étagères soupiraient : « quelqu'un a oublié de me rendre mon livre! Il a dû sûrement l'oublier! Je vais mourir! » (Elles se stressaient toujours a ce sujet.), tandis que les rocking-chairs se moquaient d'elles avec leurs grincement cyniques.  Dans l'une d'entre elles  était assise une  jeune fille rousse a taches de rousseurs et lunettes de secrétaires, visiblement plongée dans un livre. 
Mais un  détail cassait la douceur du tableau : d'étranges petites bestioles grouillaient sur sa jambe droite.

La jeune demoiselle releva la tête de son ouvrage et croisa mon regard, (Mon dieu! Comment peut t'on avoir des  yeux aussi bleus ? D'un bleu lagon intense!) avant de me rétorquer d'un ton sarcastique:

«  Mon élevage de sangsues vous gêne?
-Euh..... non bien sûr, mais...
Mais quoi?  Arrêtez de me regardez de cette façon: je ne suis pas un monstre de cirque!
Je peux comprendre, je ressens ça aussi! Mais....
-Vous ressentez quoi?
Eh bien, disons que j'ai le sentiment que ceux qu'on appelle « mes camarades » en cours me jugent en tant que telle. Ils me parlent comme si j'étais un singe savant privé de raison: « Tu sais lire? Tu sais compter? ». Parfois, je me demande ou va le monde... Mais dites moi, depuis quand avez vous votre « élevage de sangsues » ? »

Elle soupira:
« Oh! C'est une si longue histoire! Cela fait depuis que j'ai 8ans environs. Et si vous êtes pressée, je ne peux pas vous la raconter.

J'ai tout mon temps.. enfin, si je ne me réveille pas avant.

Soit....: »

Soudain, sa voix se fit plus criarde et elle entonnait laconiquement un vieux poème entrecoupé de sanglots:

«  Suzy était encore p'tite!
Suzy  était encore jeune !
Mais Suzy était seule, TROP seule!
Suzy avait une sœur, Adélaïde.
Lequel s'intéressait uniquement
a la parure, ou aux bijoux resplendissants.
Suzy avait un frère, Boris.
Mais, lui préférait  les voitures
et autres jouets de gros durs.

Évidement, p'tite Suzy avait des parents,
Gregor et Elinor,
Mais ceux ci étaient toujours occupés:
soirées mondaines,
Réunions privées,
autant de trucs,
auquel la p'tite Suzy n'était pas invitée.

Un jour, la gamine,
haute comme trois pommes,
vit  devant sa rue un attirant spectacle,
qui changeait son paysage  monotone.

C'était une foire qui venait de s'installer,
déployant ses lumières sur le monde entier.
Demain, c'est sûr,
la p'tite Suzy ira la visiter.

Le lendemain, elle y alla de bonne heure.
La p'tite resta a humer la barbe a papa,
puis  soudain, sa vue se détacha,
Un roulotte couleur caca d'oie
trônait sur le pavé
avec pour écriteau
« Madame Irma,
sorcière professionnel
propose a ses clients une simple vision de leur avenir,
tout est garantie vrai,
sans vous menez en bateau. »

L'intérieur était crasseux,
et les fauteuils noirâtres,
avec deux fauteuils en albâtres,
pour simples décorations.

« Alors, mignonne,
on se sent trop seule?
la solitude ne fait pas de cadeau, hein?
Regarde moi bien,
j'en suis la preuve! »

Ainsi parla la vieille,
a qui il manquait quelques quenelles.
Elle était habillée,
d'une vielle robe de soie,
qui la fessait ressembler a un fantôme,
cela va de soi!

« Tu recherche un animal de compagnie?, demanda la sorcière.
Un qui sera ton ami,
et que tu devra aimer toute ta vie? »

« Oh oui, oh oui, s'écria p'tite Suzy
c'est jurée,
je m'occuperais toujours de lui! »

« Bien, lui dit la grand mère!
Alors, compte jusqu'à trois,
et ton souhait se réalisera! »

La p'tite Suzy compta et attendis,
mais ne trouva rien!
Sûr que la vielle se moquait d'elle, elle sortie brusquement en pleurant,
et découvrit devant la  porte de son appartement
un bocal sur un plateau d'argent.

A l'intérieur,
d'étranges petits bêtes grouillaient,
rampant dans le bocal.
L'air affamées et assoiffées,
attentant leur quatre heure .

Un petit mot,
accompagnait le funeste cadeau:
«  Mademoiselle Suzy,   
Voici les animaux qui vous tiendront compagnie.
Mais, cependant,
Si vous ne voulez pas  les voir mourir,
ils vous faut les nourrir:
six gouttes de votre  sang,
(car voyez vous, ces petites bestioles aiment le saignant)
pas une de plus, pas une de moins,
suffiront a les faire tenir  en vie touts les matins.

Ces adorables sangsues comptent sur vous
(et votre liquide vitale)
alors, mettez vous a la tâche, voulez vous?
Ou leur mort sera fatal!

Une amie. »

(L' « amie » en question,
ma chère,
vous vous en doutez,
n'était rien que l'ignoble sorcière.)

P'tite Suzy ne perdit pas un instant,
et prit immédiatement un grand couteau tranchant,
se coupa  un doigt,
et vit comme je vous vois,
les sangsues boirent aux abois.

De jour en jour, les bestioles furent  plus voraces,
Mais p'tite Suzy prie son travail a cœur,
et lorsqu'ils ne lui restait presque plus de sang dans les veines,
tua le chien du voisin et le voisin lui même,
pour donner a ses petites amies
la boisson qui les maintenaient en vie.

Boris et Adélaïde,
virent son comportement bizarroïde,
ne tardèrent pas a lier ses cicatrises,
soit disant faite en jouant a la poupée,
aux meurtres du quartier.

Un soir,
sa mère tomba sur P'tite Suzy,
couchée, exsangue et meurtrie.
« Appelons l'hôpital, chéri, hurla t'elle a son mari!! »

Un perfusion plantée dans le bras,
et quelques douleurs de plus,
P'tite Suzy suffoquait,
la peur l'étouffait.

Parents et médecins se mirent d'accord,
ils falaient a l'infortunée gamine
une haute dose de transfusion sanguine. »


Au fur et a mesure des couplets, la jeune bibliothécaire avait une voix de plus en  plus faible et devenait d'une pâleur extrême.

« Une fois l'affaire faite, ils étaient bien heureux,
« Notre fille va enfin guérir! » soupiraient les parents au ange,
mais c'était sans compter sur les  bestioles vampires,
qui lui vidaient le sang jusqu'au phalanges.

Après de nombreuses années de traitements ,
P'tite Suzy  était grande,
et a quinze ans,
on souhaite sortir de sa prison.

Un soir de pleine lune,
elle  fugat, ses sangsues collées sur la jambe
et trouva la bibliothèque magique,
dans un paysage neigeux.

Les corbeaux, maîtres des lieux,
décidèrent de l'embaucher,
pour qu'elle coure dans le labyrinthe en toute sécurité.   »



A peine avait t'elle finit sa chanson, qu'elle s'écroula dans son fauteuil, morte.
Enfin, ça, c'est  ce que j'ai cru, car elle s'est mise a  hurler:
« J'ai besoin d'une nouvelle transfusion! INFIMIERE! »
   
La porte a battant s'ouvrit brusquement et laissa entrer non pas une, mais deux infirmières.
Deux jumelles siamoises,  dirons nous, vu qu'elles se partageaient la même robe  noir a tablier blanc froufroutée ornée d'une croix rouge   et avaient toute deux des cheveux noirs corbeaux coupé au carré, des petits yeux bridés  et une bouche teinte en violet.  Sur leur blouse était brodé en lettre d'or « Caroline et Émeline, infirmières professionnelles. Ne peuvent pas être séparées. »

La première tête demanda:
« Alors, patronne, vos bestioles vous ont encore fait une anémie de classe A  ?
- Taisez vous! Et aidez moi!
- Dites, patronne,  c'est qui, cette jeune personne? Dit la deuxième tête en se tournant dans ma direction.
Ah ça, j'en sais rien! Une gosse de pacotille  a qui j'ai raconté mon histoire et qui m'a interrompu plusieurs fois!
Comment ça? Mais je vous ait écouté tout du long, me suis-je écriée. Je n'ai même pas  posé une seule question, c'est dire! (et d'habitude, cher Malzieu, je peut vous assurer que je suis une fille affreusement curieuse, qui n'hésiterais pas a enjamber  un mur mystérieux pour savoir ce qu'il cache (un pays enchanteur? Un jardin de fées?...) ou a questionner quelqu'un jusqu'à plus soif.)
- Si! A t'elle rétorquée, c'est votre respiration qui  a tranchée mes métaphores, petite sotte ! »

Ses yeux bleus, jadis si doux, lançaient des éclairs de fureurs (souvenez vous en! Il ne faut jamais contredire une bibliothécaire aux sangsues.).
«  -  Mais c'est absurde! Donc, pour être votre « écouteuse », il faut être mort, c'est ça?
Exact,  je  me confis qu'a des fantômes ou des marionnettes chaussettes! Eux,  au moins, ils m'entendent!
Eh  bien, dans ce cas, je peut avoir eu l'honneur de vous avoir ouïs : j'ai un  ectoplasme dans le cœur. Mais je crois qu'en ce moment même, il a très peur de vous! »
C'était vrai: au plus profond de mes entrailles,  le petit spectre  se blottissait contre ma poitrine en poussant des minuscules gémissements affolés.
«  -  Vous mentez! Les vrais fantômes n'ont pas peur de moi, aboya t'elle! Et de toute façon... »
Sa faiblesse sanguine reprit le dessus  et les jumelles lui prirent le bras.
« Allez, patronne, ce n'est pas le moment de  vous disputer avec cette jeune fille. C'est l'heure de votre transfusion!
- Lâchez moi, vous deux! Je veux régler mes comptes avec cette sale gamine!
Une autre fois, une autre fois.. »

Les deux infirmières partirent (non sans mal) avec la furie  qui vociférait  a qui mieux mieux.
J'ai pu cependant voir  l'une d'entre elles me  faire un petit clin d'œil signifiant sans doute «  Ne vous inquiétez pas, elle fait souvent des crises de ce genre! ».

Après le départ de la troupe, le silence plomba la pièce  comme un violent coup de massue.

En revanche, un nouvel élément s'est installé dans le décor déjà bien surchargé: une photo en noir et blanc représentant une femme araignée au cache œil  et avec un  perroquet squelette sur l'épaule....

Épisode a suivre..... (mais je pense qu'avec votre imagination, vous n'aurez aucun mal a l'imaginer!Si jamais ce début d'histoire vous inspire et que vous vous en serviez pour un futur roman (ou que vous vous voulez tout simplement écrire une suite (ou jouer au cadavre exquis avec moi), veuillez, je vous implore, je vous en supplie a genoux, envoyer  la suite a l'adresse suivante:
«[....]»  )

En bref, je me plongeais dans cette univers rassurant (bien qu'étrange) pour oublier l'handicap et ses contraintes trop  embarrassantes. Même en cours! J'avais (et j'ai toujours) besoin d'un cocon pour me protéger de ce monde de brutes, comme un bébé au sein de sa mère.
Mais ça, les professeurs ne l'ont jamais compris! Pour tout vous dire, le collège et le lycée furent pour moi des lieux semblables a l'Enfer (et je n'exagère pas!).

Je ne vais pas non plus me plaindre : j'avais  quelques (rares) amis  dans ces endroits ( au collège, la première « vrai » fut Victoria. Au lycée, je bavardais souvent avec Mme Rhododendron (faux nom), la seule prof qui ne me regardais pas bizarrement lorsque  je fessais des crises d'agitations ou d'angoisses et que je chantais des chansons de comédies musicales a tue-tête.  Elle était douce et compréhensive, cela me suffisait. )  et j'ai même trouvé un muse (un jeune garçon  autiste que je surnomme l' « Oiseau Muet » et a qui  j'écris souvent des lettres d'amour philosophiques et passionnées (en lui disant par exemple  que « Cupidon, derrière son image de bambin prêt a faire valser les cœurs, se cache un dangereux serial killer, encore pire que ceux des thrillers. Sa méthode est efficace: chaque matin, il met sur chacune de ses flèches un étrange liquide cotonneux, un peu comme de la barbe a papa. Du coup, lorsqu'il plantent ses flèches sur nous, on ne sent rien, à part une grosse dose de folie pour l'être en question. Mais..... au fur et a mesure, ce goût doux et sucré se transforme en poison mortel, capable de nous faire mourir si la personne que l'on aime nous ignore ou pire, nous haït en retour. ») Et c'est ce même joli salaud qui est la cause de mon premier  chagrin d'amour).

Et pourtant.... et pourtant! Certaines personnes qu'on appellent des professeurs étaient a mon égard tout aussi gentils et bienveillants que  l'étaient des pneus de quatre-quatre face a un chat qui traverse la route sans regarder.
L'exemple le plus frappant est sans  doute  Miss  Big-Brother (ou « Big-Sister » dans son cas (ce n'est pas son vrai nom, mais je trouve que ce surnom lui va comme un gant (vous allez comprendre pourquoi....)  qui me jetait souvent des regards  perçant d'aigles a l'affût. Lorsque que je fessais quelque chose qui sort du commun ou que je n'allais pas assez vite pour les autres, elle me lançait souvent des phrases   piquantes et mordantes. Ses mots s'enfonçaient comme des aiguilles dans mon cœur de petite poupée vaudou (je l'imagine parfois en train de ricaner et dire a sa famille de psychopathes le soir : « … Mes mots poignards rentrent dans son corps comme dans  du beurre. C'est décidément trop facile... »). J'étais a sa merci et elle me le fessait bien comprendre. (Le pire, c'est que c'était  la prof principale et  également la prof de français. A elle seule, elle a réussi a me dégoûter  de l'écriture.  Heureusement que  Burton, vous et votre femme étaient là, sinon, je ne sais pas ou j'en serais a l'heure actuelle...... peut être  en train de pourrir dans un cercueil après un saut libre du 6éme étage. (et contrairement a Tom, ce n'était pas par goût du vol.)

Je  pourrais aussi nommer Mme Buffle (ce n'est pas son vrai nom également), avec sa tronche a faire peur et ses meuglements censés nous avertir d'une punition prochaine. Elle balançait dangereusement les sabots, quand l'un d'entre nous avaient un comportement suspect. 
Si elle avait repérer  une manigance quelque conque, elle chargeait  avant d'écraser  ses reproches et ses menaces sur le brigand bavardeur.
Celle-là encore, ça allait. Elle fessait ça avec tout le monde et toute la classe la détestait.

Pour le reste, c'était plus « normal » et moins brutal : Mme Invisible (la prof d'anglais qui  n'était  jamais là), M. Chester (le prof de math blagueur et au grand sourire qui me rappelais un chat bien célèbre), M.  Paon (le prof d'S.V.T que toutes les filles trouvaient craquant et qui se vantait sans cesse), etc....

La seule prof qui attirait mon attention en bien, c'était Mme Rhododendron. Je l'appelais ainsi a cause de ses longs cheveux qui formait autour de sa tête  quelques pétales d'une ravissante couleur dorée. De plus, elle sentait  la même odeur que ces fleurs, de sorte que, si elle s'arrêtait près d'un  jardin remplie de « Rhododendron austrinum », « Rhododendron mucronulatum » et autre « Rhododendron tomentosum », je suis sûre qu'ils la prendrait pour reine!
Ce n'était pas tout: elle délassait de temps en temps sa peau de professeur de communication pour devenir une  excellente confidente. Je lui parlais de tout et n'importe quoi, que ça soit imaginaire ou réelle : un jour, c'était la dispute fraternelle avec mon grand frère qui éclatait, l'autre, mes conversations avec Amy sur la gente masculine. Mme R. riait des propos d'Edgar sur les humains (qui se résumait a « font trop de boucans » ou «  ça nous dit sale, mais ça crache par terre! C'est la volière qui se fout de la maison aux graines! »), s'attachait a Socrate et ses réflexions sur la vie et plaignait Imothep de sa solitude brutale:
« En même temps,  quand on est un fantôme et qu'on revient dans le monde des vivants 12000 ans après sa mort, ça doit faire un peu bizarre, tu ne trouve pas? Avait t'elle remarqué. Les chats de notre époque  sont tellement feignants!  »

Elle veillait sur moi comme un ange gardien, mais était pourtant obligée de collaborer a contrecœur (enfin, je crois) avec Mme Buffle pour des cours a deux voix. Elle se fessait toutes petite devant Miss Big Brother.

Un an plus tard, j'ai quitté le lycée pour prendre des cours a la maison. Les chaînes lourdes tenus par Miss B-B  se sont cassées, mais une petit fil délicat me retenais a la présence de Mme R (professeur en temps normal, confidente en heure de récrée) : avec « L'Oiseau Muet », elle était ma seule raison de rester.  Peu après mon départ vers la liberté, je lui ais promis de la voir régulièrement, promesse que j'ai tenue !


Je suis quand même loin de vous avoir racontez les péripéties de ma vie réelle (il y'en a eu énormément, mais j'ai tendance a préférée les imaginaires: elles sont plus inattendus, plus surréalistes......), je le ferais peut être en détail dans une prochaine lettre (si toutefois, vous avez la possibilité de me lire et de m'écrire (a part si vous vous êtes fracturé un bras, ou que vous soyez devenu un oiseau entre temps, dans ce cas, je comprendrais).


Un de ces quatre, j'aimerais bien vous rencontrer: seul a seul (ou avec votre femme, c'est comme vous voulez), adossés a la table d'un salon de thé. Je vous raconterais mes histoires de jackalope barman, de bibliothécaires aux sangsues, de pirates fantômes, de famille de cannibales, de vendeurs de fantômes, de voleuse de rêves, de jumelles siamoises musiciennes (j'en connais deux, mais elles ne sont pas siamoises! Néanmoins, elles existent! Si, si!),  de pin-up décédée et de p'tite fille lugubre paumée dans son manoir  victorien au dessus d'une colline endormi.  Et vous, de votre coté, vous me parlerez de toutes vos histoires de doux dingue sentimental. Le tout devant un thé aux fruits rouges (a moins qu'il ne soit aux fleurs d'acacia?). (a noter: mes amis me  surnomme « la Chapelière Folle », car je bois du thé a toutes heures de la journée (rater un « tea time » serait un véritable crime!) , j'aime inventer des devinettes sans réponses, des jeux de mots foireux ou des comptines farfelus, et surtout, a cause de mon rire de démente ( qui a tendance a effrayer bon nombres de personnes qui  croient sans doute a une possédée)!)  J'imagine même la tenue que je mettrais ce jour là:  ma blouse a froufrous noir et ma jolie jupe rouge en cloche imprimé de tableaux... assez spéciaux. Sans oublier,  mon collier montre a gousset porte bonheur! (On ne sait jamais...)


Sur ces petits mots soyeux, je clore cette lettre. Mais  cependant, n'oubliez pas :  si un jour, vous êtes triste et vous vous dites que tout va mal, pensez que, quelques années auparavant, vous et un réalisateur un peu barjo ont remis de la magie dans la vie d'une gamine de 16ans qui n'y croyait plus.
(dit comme ça, c'est très culcul. Mais c'est vraiment ce que je pense, c'est grâce a vous que je le dois.)

Votre dévouée,
Delphine
(Chapelière folle, exploratrice de mondes imaginaires perdu, écrivaine et dévoreuse de livres  a ses heures )

En esperant vous avoir divertis par ces jours de grosses chaleurs.... wink

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