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Alienations
Auteur : Jean-Michel Calvez
Editeur : Asgard
Année : 2011
Pays : France
Genre : Science-fiction
Alors que le Gemme emmène ses passagers endormis vers Orion, cinq d'entre eux sont réveillés alors que le voyage est loin d'être terminé. En effet, l'inimaginable va se produire, une rencontre du troisième type va se produire. Une grande aubaine pour l'humanité ? Pas vraiment, les cinq éveillés découvre de mystérieux programme implanté dans leur mémoire et l'Intelligence Artificelle du vaisseau semble vouloir garder quelques secrets. La paranoïa commence doucement à monter.
Autant commencer par ce qui est la principale qualité et le principal défaut d'Alienations, c'est un roman de Hard-Science avec tous les termes techniques et le jargon scientifique que cela entraine. De quoi ravir les amateurs mais également de freiner les plus récalcitrant. Ces derniers devraient pourtant tenter l'aventure proposée par Jean-Michel Calvez, car elle est loin de se limiter à son aspect scientifique.
Certes ce résumé n'est pas sans évoquer d'autres classiques et principalement le fameux "Rendez-vous" avec Rama d'Arthur C. Clarke. On y retrouve d'ailleurs les mêmes craintes et questionnements vis-à-vis de cette rencontre importune et l'exploration du vaisseau extraterrestre, mais c'est peut-être aussi parce que ce type de récit s'y prête. Quelques points qui sont probablement inévitables pour ce type de récit de SF.
Mais le petit point supplémentaire qui fait ici toute la différence, c'est l'ambiance paranoïaque qui se dessine tout doucement. C'est tout d'abord l'IA du vaisseau dont l'apparence n'est pas sans décrocher quelques sourires, qui semble vouloir manipuler les astronautes et ce sont quelques programmes pirates qui font leur apparition dans les mémoires des passagers, sans qu'on sache à quel jeux dangereux peut bien jouer la terre.
Un autre sentiment est également présent : la Mélancolie. En effet, le personnage principal a embarqué avec sa maitresse, sauf que cette dernière est resté endormie. Il se retrouve alors à l'observer, ne pouvant la réveiller sans l'exposer au danger. Ce prince charmant condamné a observé sa belle au bois-dormant sans pouvoir l'éveiller est assez émouvant. Les sentiments sont donc présent, très présent dans aliènations.
En effet, le départ est très technique, peut-être même trop, mais l'humain oublié au départ va pointer petit à petit le bout de son nez avec ses craintes et ses angoisses. Ces deux aspects finissent par parfaitement se marier et se compléter dans un final à la fois sombre, poétique et scientifique. Ces genres qu'on imagine difficilement se marier se complète pourtant ici parfaitement, d'une manière logique et cruelle.
Le principale défaut de ce roman est donc son aspect technique, qui est certes compréhensible, mais pas forcément des plus percutant. Surtout que percutant, le roman l'est et qu'il nous livre une jolie fable, comme seul la SF sait parfois nous en offrir. Jean-Michel Calvez livre donc là une excellente relecture des rencontre du troisième type, avec parfois une impression de déjà lu et une ambiance envoutante.
Note : 7/10
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