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Voici un projet qui sera assez étrange, du moins pour moi: La machine du Bonhomme Sept-Heures. À l'initiative du bédéiste Christian Quesnel, quatre artistes de ma région (l'Outaouais, au Québec) vont adapter en toute liberté quatre de mes nouvelles sous forme de récits graphiques. Parmi les nouvelles choisies, il y a «Œillades», tirée du recueil Histoire d'un soir et autres épouvantes dont on a parlé sur Psychovision (ce qui permet de conclure que ce livre ne s'adressera pas aux enfants!).
On parle plus de récits graphiques que de bédé traditionnelle puisque les artistes visuels du projet ne sont pas nécessairement bédéistes.
La sortie devrait avoir lieu aux environs de l'Halloween.
Pour les curieux, le Bonhomme Sept-Heures est une espèce de croque-mitaine québécois avec lequel on effrayait jadis les enfants.
J'ai bien hâte de voir comment on voit mes histoires!
Dernière modification par Pollux (2009-07-26 20:04:47)
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Tant qu'à faire: outre «Œillades», les autres nouvelles adaptées sont «De l'amour dans l'air», qui a paru chez vous l'année dernière dans l'antho Parfums Mortels, aux éditions Malpertuis. Également, «Regarde-moi», autre nouvelle assez hard parue dans la revue Solaris en 2006, et «Il ne faut pas que je dorme», parue dans la revue Zinc.
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Intéressant ça.
des nouvelles fantastique en BD, c'est pas au courant...
tu as le nom des illustrateurs ??
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Oui: la couverture est de Christian Quesnel, qui a illustré l'antho Petites danses de Macabré, que j'ai dirigée en 2002. Les adaptations seront de Marie-France Thibault (De l'amour dans l'air), qui se spécialise il me semble dans le découpage et le collage. Dominique Laurent, directrice d'une galerie d'art à Gatineau (Il ne faut pas que je dorme), Anik Deslauriers (Regarde-moi), et Stanley Wany (Œillades) qui, lui, a une formation de bédéiste.
Ce sera vraiment une expérience intéressante de voir les images conçues par d'autres de mes propres histoires. Comme je disais, ils ont toute liberté pour adapter les histoires à leur façon.
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Merci pour la réponse. ![]()
je n'en connais aucun mais quelques recherches, Marie-France Thibault ( http://mariefrancethibault.blogspot.com/ ) et Stanley Wany ( http://mariefrancethibault.blogspot.com/ ), ça peut donner des choses vraiment très sympa ![]()
Et il y a aussi ce blog avec les premières images: http://souches.blogspot.com/
ça m'intéresse beaucoup.
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Belle recherche!
Le blog de la collection «Souches», où paraîtra la Machine, m'a permis de suivre l'évolution du projet à partir des premières esquisses, études, idées (si on remonte aux premières pages du blog), jusqu'à l'état actuel de la chose. D'ici un mois peut-être, je verrai des planches complètes, voire une première mise en pages.
Pour le blog de Stanley, c'est plutôt ici:
http://stanwan.blogspot.com/
J'en ferai parvenir un exemplaire à Psychovision.
Quant au papa du projet, Christian Quesnel, il se trouve en ce moment bien plus proche de vous que de moi, car il est l'heureux élu qui inaugure la nouvelle résidence d'artiste du Québec à Londres. Pendant six mois, il y vivra afin de travailler sur un de ses projets. Il tient un blog sur le site de l'hebdomadaire Voir:
http://www.voir.ca/blogs/christian_ques … mlets.aspx
Dernière modification par Pollux (2009-07-28 17:27:35)
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Pollux a écrit:
Belle recherche!
Merci ![]()
Pollux a écrit:
Pour le blog de Stanley, c'est plutôt ici:
http://stanwan.blogspot.com/
oups, oui, j'ai remis celui de Marie-France Thibault, désolé
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[News] La Machine du Bonhomme Sept-Heures
Des nouvelles de l'auteur Québecois Claude Bolduc vont être adaptées en bande dessinée.
L'ouvrage s'intitulera "La machine du Bonhomme Sept-Heures - Nouvelles fantastiques outaouaises" et devrait sortir fin octobre, pour la période halloween où il fait si bon se faire peur.
À l'initiative du bédéiste Christian Quesnel, quatre artistes de la région de l'auteur (l'Outaouais, au Québec) vont adapter en toute liberté quatre de ses nouvelles sous forme de récits graphiques. Au sommaire figurera notamment l'excellente nouvelle "Œillades", tirée du recueil Histoire d'un soir et autres épouvantes.
Et outre "Œillades", les autres nouvelles adaptées sont "De l'amour dans l'air", qui a paru l'année dernière dans l'anthologie "Parfums Mortels" aux éditions Malpertuis, "Regarde-moi", une nouvelle parue dans la revue Solaris en 2006, et "Il ne faut pas que je dorme", parue dans la revue Zinc.
De quoi frissonner de plaisir !
Nouvelles fantastiques outaouaises.
Imaginez des âmes errantes à Aylmer, une vengeance sordide et une hantise amoureuse à Hull, un cercueil au fond d’un puits dans le Pontiac... Vous avez bien lu. Il ne s’agit pas ici de chroniques londoniennes mais bien de divers récits fantastiques qui se déroulent en Outaouais. Tentant de repousser les limites de la bande dessinée traditionnelle, La Machine du Bonhomme Sept-Heures - Nouvelles fantastiques outaouaises, est un recueil de quatre histoires brèves de l’auteur de fantastique bien
connu Claude Bolduc. Dirigés par Christian Quesnel (Le Projet Outaouais, 10x), des artistes de talent et d’horizons divers se sont appropriés l’oeuvre de Bolduc pour la traduire en récits graphiques matures, destinés à un public adulte. Ces artistes sont Aline Bégin, Anik Deslauriers, Danielle Grégoire, Guy Jean, Dominique Laurent,
Marie-France Thibault et Stanley Wany.
112 p. en couleur, 22 $.
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Effectivement, ils ont été plus nombreux à travailler sur ce projet que je ne le pensais au moment de lancer cette discussion. Ainsi, ont travaillé avec Marie-France Thibault le poète Guy Jean, qui a recréé du texte partir de ma nouvelle, et Danielle Grégoire, une femme de théâtre, à titre de conseillère en adaptation. De son côté, Anik Deslauriers a collaboré avec Aline Bégin pour adapter «Regarde-moi». Pour l'anecdote: dans un projet où les artistes avaient carte blanche pour s'inspirer d'un détail, d'une atmosphère, d'un lieu, recréer une histoire à leur façon, cette adaptation de «Regarde-moi» est celle qui est restée la plus proche de la nouvelle d'origine.
Dans l'ensemble, la Machine du Bonhomme Sept-Heures marque de façon très nette les visées cette petite maison d'édition: repousser les limites de la BD traditionnelle, en faire quelque chose de plus éclaté en ayant recours à d'autres formes d'arts visuels. Deux des artistes ont dû adapter leur mode d'expression afin de composer un récit graphique.
Cela fait une semaine que je le regarde maintenant, et je trouve que c'est véritablement un très bel objet. Rarement voit-on un tel éventail de styles entre deux couvertures. Et les pages qui ne font pas partie des récits sont sont à la fois riches, élégantes et sobres.
C'est vraiment un bel honneur qu'on m'a fait en s'inspirant de mon oeuvre comme ça.
Dernière modification par Pollux (2009-10-16 01:48:15)
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Pollux a écrit:
C'est vraiment un bel honneur qu'on m'a fait en s'inspirant de mon oeuvre comme ça.
C'est clair !!!
Et encore félicitations !! ![]()
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La machine du Bonhomme Sept-Heures
Auteur: Claude Bolduc
Dessinateurs: Marie-France Thibaut – Stanley Wany – Annick Deslauriers – Dominique Laurent
Textes: Guy Jean – Stanley Wany – Dominique Laurent
Editeur: Premières Lignes
Collection: Souches
Année: 2009
Pays: Canada / Québec
Genre: Comics – Fantastique - fantômes – Erotique
Vous connaissez sans doute déjà bien Claude Bolduc, talentueux auteur québécois qui a entre autre commis les excellents "Histoires d'un Soir et autres épouvantes" et "Prime Time" (en collaboration avec Serena Gentilhomme). Et bien aujourd'hui, des illustrateurs rendent hommage à son travail en s'appropriant quatre de ces nouvelles et en les adaptant en bande-dessinée.
L'ouvrage est sous-titré "Nouvelles fantastiques outaouaises" car en effet toutes les nouvelles sont situés dans la région de l'Outaouais, région québécoise chère au cœur de Claude Bolduc et de son éditeur, Premières Lignes. "La Machine du Bonhomme Sept-Heures" est dirigée par Christian Quesnel et si le postulat de départ de l'ouvrage était de transcender les limites de la BD traditionnelle, on peut dire que le pari est réussi !
Chaque texte a en effet sa propre identité visuelle, à chaque fois très fortement marquée, et plus que de la Bd ou du comics traditionnel, ce sont ici de véritables récits graphiques accordant une très large importance à l'illustration. La plupart du temps, ce ne sont que de très courtes phrases qui viennent éclairer le sens du récit et l'on peut en cela largement saluer la performance d'adaptation que signent ici tous les artistes. Pour avoir lu deux nouvelles originales de cet ouvrage, "Œillades" et "Il ne faut pas que je dorme", je dois reconnaître que le travail réalisé est assez fou et relève de la performance ! Seulement quelques traits, quelques cases, parfois même une simple photographie ou une ambiance générale donnent le ton et on comprend parfaitement (ou du moins dans les grandes lignes) la trame de la nouvelle originale de Claude Bolduc.
On notera d'ailleurs l'intérêt des longues présentations de l'auteur en exergue de chaque histoire. Claude Bolduc nous parle en effet à chaque fois de la genèse des récits, de la création de la nouvelle originale, de son intrigue et aussi de sa réaction face au travail d'adaptation réalisé par chaque artiste. C'est vraiment très très intéressant et éclaire de manière très judicieuse les récits.
Après une présentation de Christian Quesnel, l'ouvrage s'ouvre sur "De l'amour dans l'air", une histoire un peu dans la veine du "Parfum" de Patrick Süskind. Marie-France Thibault s'empare de cette histoire avec un dessin tout en ombres et lumières. Les nouvelles de Claude Bolduc ont ceci en particulier, qu'elles génèrent bien souvent l'effroi et le malaise, de véritables récits d'épouvante au sens classique du terme. Son fantastique, sans être forcément malsain, est oppressant et chaque artiste a su rendre ici les ambiances bolduciennes en y ajoutant leu propre touche personnelle. Et Marie-France Thibault ouvre donc très joliment le bal avec une technique artistique empruntée au théâtre d'ombre. Elle dessine, découpe et projette des ombres, colle et calque, c'est vraiment impressionnant et le résultat est extrêmement sombre et glauque, scotchant et bigrement original. On a parfois un peu du mal a vraiment saisir les tenants et aboutissants de l'histoire (et en cela les explications de l'auteur juste avant sont essentielles), mais peu importe on est complètement happé par l'illustration, complètement différente de ce que l'on peut voir habituellement. Difficile de vous parler de ces artistes hors-normes avec précision, je vous invite donc vivement à aller visiter leurs sites que vous trouverez sous la chronique.
C'est ensuite au tour de l'excellente nouvelle "Œillades" qui est ici honorée d'un dessin certes plus classique de Stanley Wany mais néanmoins magnifique! Mon préféré avec le travail de Dominique Laurent sur la dernière nouvelle. Stanley Wany nous offre un dessin à la fois fouillé et paradoxalement esquissé, avec une sensation d'ébauche, comme un crayonné aux traits vifs et multiples, le tout dans des tons exclusivement de gris et de bruns. Il ya beaucoup de mouvement et d'expression dans son travail, auquel viennent s'intégrer des parcelles de textes en écriture cursive. Le résultat est magnifique et encore une fois d'une profonde noirceur. Un fantastique envoûtant sur un thème très fort, le viol et l'inceste. Un récit choc et très prenant.
"La Machine du Bonhomme Sept-Heures" n'est pas à mettre entre toutes les mains, du moins pas entre les plus jeunes et ce n'est pas le récit suivant, "Regarde-moi", qui va venir nous détromper ! Une nouvelle assez hard et au dessin très cru, une histoire de sexe, de fantôme, de vengeance et de voyeurisme qui ne laisse que très peu de choses à l'imagination. Si j'ai beaucoup aimé la nouvelle et la réflexion qu'elle porte, inspirée de ces couples qui s'épanouissent en regardant leur partenaire avoir une relation sexuelle avec un autre, le dessin ne m'a par contre pas convaincue. Question de goût, tout simplement, car je ne suis pas très portée sur ce style de trait et ces couleurs criardes. Mais le résultat n'en pas moins fort intéressant pour autant et le récit vaut le détour.
On finit ensuite en apothéose pour moi avec le magnifique "Il ne faut pas que je dorme", somptueusement mis en forme par Dominique Laurent, une ambiance désuète et vieillotte, empesée et surannée, réalisée à base d'anciennes photos de famille et orné de magnifiques décors (plumes, cuir, fleurs séchées, bois, cadres). C'est absolument magnifique, toutes en teintes délavées ou sépia et rien que pour ces pages il faut avoir ouvert, lu ou feuilleté "La Machine du Bonhomme Sept-Heures" ! Des angéliques portraits de famille en noir et blanc, des portraits d'enfants figés dans le temps, vont peu à peu se dégager d'inquiétants fantômes ou des squelettes en surimpression qui confèrent une atmosphère angoissante et fantastique au récit. C'est sublime !
La machine du Bonhomme Sept-heures est donc un ouvrage magnifique, inclassable et multi facettes, la réunion de multiples talents d'horizons différents qui harmonisent leur voix pour faire parler les textes de Claude Bolduc d'une façon nouvelle, forts d'un éclairage inédit et original. Rien que la couverture de l'ouvrage est une pure réussite, et "La machine du Bonhomme Sept-Heures" est une sacrée expérience, que vous soyez amateur de fantastique ou d'illustration. Malgré les artistes aux personnalités bien différentes, une véritable cohérence a été trouvée dans le recueil et il se dégage véritablement quelque chose de fort et d'angoissant, quelque chose de troublant, quelque chose qui a à voir avec l'essence même du fantastique et du malaise qu'il génère chez le lecteur. Un album qui sort vraiment des sentiers battus, un ouvrage sensitif, qui se vit et se ressens grâce à ces nombreuses illustrations pleine page, photographiques ou non, et qui doit se laisser porter et intégrer par de nombreuses relectures. L'omniprésence des illustrations incite vraiment à ces nombreux "visionnage" qui nous permettent de découvrir à chaque fois toujours plus de détails. Une vraie réussite !
Note: 8,5/10
Site de l'éditeur: http://premiereslignes.ca/sections/index.php
Site de Claude Bolduc: http://claudebolduc.tripod.com/
Blog de Marie France-Thibaut: http://mariefrancethibault.blogspot.com/
Blog de Stanley Wany: http://stanwan.blogspot.com/
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Mille mercis, Chaperon Rouge. Faudra en parler au grand manitou du projet, mais il s'agit sûrement d'une expérience à répéter.
Je me demande si, en général, les écrivains sont réticents à laisser toute liberté aux artistes et à les laisser s'exprimer. Dans mon cas, cela faisait partie du plaisir de la chose.
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Bonne nouvelle pour celles et ceux qui ne se trouvent pas trop loin et qui sont curieux: on trouvera quelques exemplaires de la Machine du Bonhomme Sept-Heures à la Foire du livre de Bruxelles, dans un stand qui s'appellera «Québec-Outaouais» ou quelque chose comme ça, comme lors de mon passage en 2007.
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