Pyrénée

Cris, fureur, tremblements du sol, flammes démentielles. Une ambiance de fin de monde s'abat sur la petite ville où un cirque était justement de passage et en représentation. C'est la panique la plus totale et l'Ours va en profiter pour s'échapper, se libérer de ses chaînes et des hommes pour fuir dans la montagne. Sur son chemin, il va croiser une toute petite fille, rescapée des flammes et des éboulements, toute sa famille morte à ses côtés. Pris d'une soudaine pitié, l'ours va l'emporter avec lui et il élèvera cette petite fille d'homme comme sa propre fille.
C'est ainsi que débute Pyrénée, cette étrange fable de Loisel et Sternis sur la nature, l'amour, l'apprentissage et la loyauté. Pyrénée se sera le nom que va donner l'Ours à l'enfant, en hommage aux montagnes dans lesquelles ils se sont réfugiés. Il va ainsi faire son apprentissage durant une dizaine d'années, lui enseignant jour après jour avec amour et attention ce qu'elle doit connaître pour survivre, elle la sauvageonne qui n'a jamais vu un autre homme.
Ils seront trois à s'occuper de Pyrénée : l'ours tendre et ronchon, le renard rusé et le vieil aigle fatigué qui va lui enseigner ce qu'est un homme. Car l'ours le sait : le temps est venu pour Pyrénée de regagner les siens et il faut qu'elle rencontre l'ancien, l'ami de l'aigle. C'est un autre apprentissage qui doit maintenant commencer...

Quelle étrange BD que ce Pyrénée ! Presque enfantine, cette fable nous délivre un véritable message d'amour et d'acceptation de l'autre, une véritable ode à la nature toute en simplicité et fraîcheur. La fillette est nue, toujours, mais une nudité toute en pudeur, presque asexuée qui rend cet album accessible à tout âge. Plusieurs niveaux de lecture se déploient instantanément dans cette BD et malgré son apparente simplicité, naïveté, elle surprend, attendrit et fait finalement réfléchir. Un beau message plein de tendresse sur la quête de soi, sur l'apprentissage de la vie et de la différence et sur l'amour de l'autre.
Etrange que cet album soit resté un one shot car une suite aurait été vraiment attendue en vue de la fin de ce tome. Mais finalement, c'est peut-être mieux ainsi car Pyrénéée reste de cette façon un joli conte au pouvoir quasi anecdotique, une courte fable, simple et belle, qui se savoure comme un petit bonbon au goût d'enfance. Le dessin de Sternis joue aussi pour beaucoup dans cette fraîcheur et son style est d'une simplicité épurée, une générosité de traits qui donne à la fillette et à l'ours des figures d'enfance, des traits d'une infime bonhomie qui fait rêver comme un gosse, quelque soit notre âge. Très dépaysant et touchant... Un brin enfantin et gentillet mais une belle page de fraîcheur tout en simplicité et en poésie qui ne fait jamais de mal...

Note : 6,5/10
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Chaperon Rouge



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